En France métropolitaine, l’épidémie du Covid-19 était considérée mi-juin comme étant sous-contrôle. Le président de la République a mis fin aux dernières mesures de confinement le 15 juin, de façon à engager une reprise de l’activité économique du pays. La relance, c’est pour un peu plus tard. Le pilotage des supply-chains devrait encore rester en mode survie pendant plusieurs mois.
Dans une interview au Figaro fin avril, le président de France Industrie, Philippe Varin, dressait un tableau parfaitement lucide de la situation de l’économie nationale en période de confinement : « Si nous restons à ce niveau d’activité, nous serons confrontés à une très forte concurrence. Le monde ne nous attend pas. De plus, cela coûte 2 milliards d’euros par jour à la France. On ne pourra pas durablement avoir la moitié des salariés du secteur privé payés par l’État, avec un chômage partiel parmi les plus protecteurs d’Europe. Ces pays subissent, comme nous, des problèmes de garde d’enfants, de transports en commun, d’utilisation d’équipements de protection. Par ailleurs, en France, les responsables d’établissement redoutent l’activation excessive de la responsabilité des dirigeants d’entreprise. En matière de protection des salariés, ils ont une obligation de moyens. Chaque filière a édicté des guides sanitaires très exigeants pour travailler en sécurité, des protocoles sont signés avec les représentants du personnel. Tout ceci doit permettre d’assurer la sécurité sanitaire au travail dans l’industrie. Mais la CGT a attaqué l’État en justice sur ce point. Même si elle a été déboutée, ceci n’est pas anodin. »
Présentant son plan de déconfinement progressif devant les députés le 28 avril, Édouard Philippe parlait, lui, d’un risque « d’écroulement pour la Nation » si le confinement devait encore durer, alors même que le pays était loin d’avoir atteint une « immunité de groupe » face au Covid-19. Il fallait donc au plus vite remettre l’économie en marche, même a minima.
Le brouillard et l’inquiétude



