
- Situé à Saint-Quentin-Fallavier, le parc d’activités de Chesnes compte 83 bâtiments développant 2,483 Mm² d’entrepôts et de bureaux occupés.
- © CAPI-Calyptone S. Levy
Deuxième région économique de France, idéalement située au barycentre national et sur l’axe nord-sud de flux européens, Auvergne-Rhône-Alpes est victime de son succès. Le déficit foncier et le manque de main-d’œuvre handicapent structurellement toute la filière logistique, qui ne manque pourtant pas d’opportunités de croissance, obligeant les acteurs à s’éloigner toujours plus.
Plus aucun bâti, encore moins de foncier constructible. À Saint-Quentin-Fallavier, le parc d’activités de Chesnes illustre l’incroyable pression foncière dont est victime la filière logistique dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur la principale zone logistique régionale, « le taux de vacance tourne actuellement autour de 0,5 % », affirme Laurent Lamatière, le responsable du bureau lyonnais du cabinet de conseil immobilier Arthur Loyd. Depuis la dernière opération en date (requalification d’une ancienne friche de trois entrepôts Leclerc pour la construction d’un bâtiment de 90 000 m2 destiné à la logistique de LDLC), la zone est maintenant quasiment saturée. « Concrètement, il n’y a plus rien de disponible, alors que je reçois des demandes d’implantation chaque semaine », confie Cécile Michaux, la déléguée générale du Pôle d’intelligence logistique Europe du Sud (PIL’es), qui fédère 180 acteurs de la filière professionnelle locale et anime la communauté logistique locale.
Situation stratégique
Implanté au nord de l’Isère mais situé à seulement une trentaine de kilomètres de Lyon, le parc de Chesnes est né au début des années 1970 avec la création de la ville nouvelle L’Isle-d’Abeau. Si des industries sont toujours présentes (Valeo, Lafarge), la vocation logistique du site s’est affirmée au début des années 1990 en raison de la proximité avec la deuxième métropole nationale située au carrefour de l’Europe du Sud. À proximité de Lyon et située sur le corridor principal reliant Lille à Marseille, la zone installée en bordure de l’autoroute A43 (vers la Savoie) est rapidement devenue la première zone logistique de France, voire d’Europe, avec pas moins de 114 établissements et 83 bâtiments pour 2,483 Mm2 de surfaces d’entrepôts et de bureaux sur plus de 1 000 ha.
Les plus grands noms du secteur sont présents sur cette gigantesque plateforme où travaillent près de 10 000 personnes et qui accueille chaque jour plus de 10 000 camions, qu’il s’agisse de prestataires (XPO, DSV, DHL, Rhenus Logistics, etc.) ou de chargeurs, comme Ikea, But, Atlantic ou encore Intermarché.
Arrivé en 2019 pour s’installer dans un entrepôt de 70 000 m2, Intermarché est la dernière implantation d’envergure sur le site. Certes, l’extension de la zone est à l’étude pour agrandir le site de 200 ha supplémentaires au nord, mais rien n’est encore acté. Le calendrier d’aménagement reste encore inconnu et rien n’est prévu avant 2025. Quoi qu’il en soit, le durcissement des lois environnementales, notamment en termes de compensation foncière pour l’artificialisation des terres, promet de rendre toute opération immobilière de plus en plus complexe.


