La « Fédération professionnelle de cyclologistique » a été officiellement créée le 9 novembre. Une étape clé de la professionnalisation des cyclogisticiens, quelque 160 PME sur tout le territoire, décidés à devenir des partenaires incontournables des transporteurs routiers et des municipalités avec le soutien de l’Etat.
Il y a quelques années encore, les transporteurs du dernier kilomètre regardaient avec amusement le vélo en tant que mode de transport de marchandises. Le ton n’est plus du tout le même aujourd’hui. Transition énergétique, nuisances sonores, congestion des centres-villes, boom des colis de l’e-commerce… les poids-lourds et VUL, même électriques, ne peuvent répondre seuls aux enjeux durables de la logistique urbaine. L’instauration des ZFE accélère encore le mouvement.
Invitées au lancement de la Fédération professionnelle de cyclologistique le 9 novembre à Paris, les organisations professionnelles FNTR, OTRE, Union TLF ont ainsi salué cette nouvelle instance. « Vous êtes un acteur clé du dernier km et aussi du premier km. Nous avons à cœur d’être votre interlocuteur dans l’ensemble vos démarches et de vous accompagner » a déclaré Jerome Douy, directeur délégué au pôle développement durable et logistique urbaine de l’Union TLF. Même accueil chez France Logistique : « J’ai envie de dire bienvenue dans la famille de la chaîne des transports » a lancé sa présidente, Anne-Marie Idrac. Avec quelques mises en garde tout de même : « Vous êtes sur un segment de marché très porteur, dans certaines conditions. Il va falloir en particulier trouver votre place, au sens propre vis-à-vis des questions de circulation et de stationnement, mais également vis-à-vis de la viabilité économique et sociale au sein de la profession routière ».
Début d’une histoire
De fait, les cyclogisticiens à l’origine de la démarche sont très conscients des freins au développement de la livraison à vélo. A commercer par une question d’image : « Nous sommes partis du constat qu’il y a bien souvent confusion entre les entreprises de livraison de repas et nos entreprises, explique Paul Roudaut, gérant de la SCOP Cargonautes (ex Olvo). Or nous visons l’exemplarité sociale et environnementale en fonctionnant selon un modèle salarial et l’usage de transports doux ». La FNTR par la voix de François Guitton, délégué à l’action professionnelle, le reconnaît : « Nous sommes très vigilants sur les l’emploi et l’attractivité de notre profession. Les employeurs de cyclogistique que j’ai rencontrés veillent à n’employer qu’en CDI : c’est bon signe ».



