La crise du coronavirus frappe la logistique de façon très contrastée. Si les logisticiens et transporteurs de l’agroalimentaire et de la pharma y ont gagné en aura médiatique, à juste titre, nombreux sont les sinistrés tant du côté des chargeurs que de leurs prestataires.
En trois semaines, la désorganisation des flux sans précédent a fait place à la stabilisation des acheminements. Certains industriels redémarrent timidement mais les conditions d’une reprise solide restent inconnues.
Une crise comparable à celle de 1929, la pire récession depuis 1945… les images employées par Bruno Lemaire pour décrire l’impact économique de la pandémie de coronavirus pouvaient paraître alarmistes. Trois semaines après l’entrée en vigueur du confinement, les estimations de la Banque de France et de l’Insee concordent sur l’ampleur historique de cette crise : les deux institutions ont calculé que le PIB annuel reculerait de 3 points par mois de confinement. Soit une chute du PIB de 6 % au 1er trimestre 2020, plus que les -5,3 % des grèves de mai 68.
L’industrie au ralenti
Dans un point de conjoncture du 9 avril, l’Insee mesure la perte d’activité à –42 % dans les branches marchandes : « Certains services sont quasiment à l’arrêt (hébergement et restauration) tout comme certaines branches industrielles ; à l’inverse les industries agroalimentaires, pour ne citer qu’elles, fonctionnent à un niveau relativement proche de la normale ». La consommation des ménages a chuté dans le même temps de 35 %.
Au niveau international, l’OMC prévoit que le commerce mondial des marchandises devrait chuter entre 13% et 32% en 2020 alors qu’il avait reculé de 0,1% en 2019 (en volume). Selon l’organisation internationale, « presque toutes les régions enregistreront des baisses à deux chiffres du volume des échanges en 2020, les exportations les plus touchées étant celles de l’Amérique du Nord et de l’Asie. » Il est probable que le commerce chutera plus brutalement dans les secteurs ayant des chaînes de valeur complexes, notamment l’électronique et les produits automobiles ajoute l’OMC.



