
- Le 5e Comité interministériel de la logistique s’est tenu le 31 mars sur le salon SITL.
Le 5e Comité interministériel de la logistique s’est tenu le 31 mars juste avant l’ouverture du SITL, à l’invitation d’Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique. Le gouvernement a réaffirmé son soutien à la filière sur les chantiers structurels de la décarbonation, de la souveraineté, de la résilience mais aussi du digital, avec peu d’annonces à la clé. Les mesures d’urgence aux transporteurs routiers frappés par la hausse du prix du gazole ont mobilisé les échanges.
En ouverture de ce Cilog 2026 coprésidé par Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, Anne-Marie Idrac a présenté les grands enjeux de transformation du secteur pour répondre aux besoins de l’économie, au premier rang desquels « l’indispensable harmonisation réglementaire et fiscale à l’échelle européenne » et la mobilisation des acteurs locaux dans les territoires « qui doit s’amplifier ». Mais les esprits étaient tournés vers la crise géopolitique au Moyen-Orient, à commencer par ses premières répercussions sur le TRM. « Face à cette situation, le gouvernement réaffirme son soutien actif aux acteurs du secteur en difficulté en raison de la situation, tout en adaptant sa réponse aux contraintes budgétaires actuelles » indique le ministère dans un communiqué.
Comme l’a rappelé ensuite Philippe Tabarot lors de son discours inaugural de la SITL, une aide exceptionnelle de 50 M€ sera versée « pour le seul mois d’avril » aux entreprises de transport en difficulté. En complément, « un report de cotisations sociales ou d’étalement de charges fiscale » est également sur la table. Pour les présidents d’organisations professionnelles de la filière qui participaient au Cilog le compte n’y est pas. Le ministre chargé des Transports doit ainsi maintenir un dialogue difficile avec des organisations qui en outre ne sont pas alignées sur le sujet. En pleine disette budgétaire, il martèle : « chacun devra prendre sa part », notamment les chargeurs pour lesquels « les contrats doivent s’appliquer ».
Accélération sur l’électrification
Plusieurs chantiers de long terme étaient aussi à l’agenda du Cilog, à commencer par la transition écologique et l’électrification du transport. Leprojet de loi cadre relatif au développement des transportssera examiné au Sénat à partir du 8 avril prochain, « avec la priorité donnée à l’entretien et à la modernisation des infrastructures et à la décarbonation » rappelle le gouvernement. Une accélération du soutien à l’électrification afin de renforcer la souveraineté énergétique et industrielle est actée, et donnera lieu sous peu à des annonces selon France Logistique.
Le renforcement de la planification territoriale de la logistique figure également parmi les priorités. Le gouvernement annonce s’appuyer sur le rapport Idrac-Jean « logistique urbaine durable » remis en février dernier par Anne-Marie Jean et Anne-Marie Idrac pour entamer un dialogue « avec les exécutifs locaux récemment élus ».
Cadrer la digitalisation
La digitalisation fait figure d’annonce de ce Cilog. En effet, un document d’orientation pluriannuel pour la digitalisation de la logistique, co-construit avec France Logistique a été présenté. Le document prône une digitalisation du secteur qui s’appuie sur trois grands principes : « assurer la souveraineté et la confiance numérique, construire un socle commun d’interopérabilité et favoriser l’inclusion de tous ». La souveraineté de chacun et la maîtrise des données par leur propriétaire sont un préalable. Un premier guide de l’IA dans la filière réalisé par France Logistique, en lien avec la DGE et AI Cargo Foundation, est d’ores et déjà disponible et a été présenté lors du SITL.
S’il n’y pas eu de nouvelles décisions structurantes cette année, le gouvernement a dressé aussi un état des lieux des travaux menés en 2025 et 2026 dans les ministères, en lien avec France Logistique notamment.


