Lancée le 22 janvier au Havre lors d’un comité interministériel de la mer, la stratégie nationale portuaire (SNP) a pour ambition de transformer les ports en « maillons essentiels de la performance des chaînes logistiques françaises ». Sa mise en œuvre est urgente au regard des parts de marché perdues par les ports français ces dernières années. Son succès suppose qu’ils soient fiables à l’avenir.
Issue du rapport Hémar-Daher sur la compétitivité des chaînes logistiques remis en septembre 2019 et des orientations du comité interministériel de la logistique de décembre 2020, la stratégie nationale portuaire a pour ambition de permettre aux ports de reconquérir les trafics destinés au marché français et au-delà. Si la SNP couvre tous les ports métropolitains et ultramarins, elle précise que cette « reconquête passera principalement par Haropa, Marseille et Dunkerque ». La fusion des ports de l’axe Seine – Le Havre, Rouen et Paris – d’ici le 1er juin 2021 est censée y contribuer.
Avec une vision à 10 ans, la SNP contient seize objectifs dits stratégiques, dont plusieurs intéressent les chargeurs et les logisticiens. Le premier concerne l’évaluation des places portuaires en termes de compétitivité et de qualité de service via la création d’un observatoire de la performance portuaire et des chaînes logistiques. Avec le concours des organisations professionnelles, la définition de son périmètre puis la diffusion de ses premiers indicateurs sont promises avant la fin de l’année.
Digitalisation des procédures
Dans le cadre du projet France Sésame piloté par la DGGDI avec la DGA, la DGCCRF et la DGITM, un point de contact unique aux frontières sera testé cette année au Havre, à Dunkerque et Marseille. Il s’agit d’une plateforme numérique d’échanges simplifiés des documents et autorisations administratifs liés au transit portuaire des marchandises. Son but : améliorer la performance et la lisibilité des formalités aux frontières, et optimiser le délai global de traitement des opérations physiques. Si les tests sont concluants, sa généralisation à tous les ports est envisagée.
Le volet numérique de la SNP comprend aussi l’interopérabilité des systèmes d’information portuaires (PCS ou CCS) avant leur fusion, espérée d’ici 2025. La création du GIE France PCS par Soget et MGI le 10 décembre 2020 apparaît comme une première étape pour y parvenir. Ce système unifié devrait permettre de « fluidifier le transit par les ports français, améliorer le suivi et la gestion des marchandises ».



