« Un seul carburant trouve alors grâce aux yeux des experts parce qu’il remplit tous les critères d’économies, de compétitivité et de baisse réelle du CO2 : la ligno-cellulose. »
En matière d’énergies, il est certes bon d’avoir des idées. Mais certainement pas des idées reçues ! A l’heure où l’écologie s’invite à juste titre dans les campagnes électorales, il serait malvenu de prôner un retour aux ténèbres avec une vision médiévale de la société. « La voiture, c’est la liberté », disait déjà Simone de Beauvoir elle-même. Et il est clair que la Terre aura besoin de plus en plus d’énergies, sachant que d’ici 15 ans, il y aura 1,5 milliard d’individus en plus sur la planète !
Le problème est que les énergies que nous utilisons le plus couramment, le pétrole et le gaz, viendront dans l’avenir d’un nombre de pays de plus en plus petit. « Cela pose un problème d’approvisionnement », explique Claude Mandil, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, lors d’un colloque de TDIE (transport-développement-intermodalité- environnement). Sans compter les risques de surchauffe des prix qui nuirait à la croissance, que tout le monde souhaite durable. Pour Claude Mandil, les énergies fossiles continueront à rendre des services « durant des siècles », balayant d’un revers de main nombre d’opinions sur le sujet. Mais il sera nécessaire d’améliorer l’efficacité énergétique. Et de diversifier les sources d’énergie, sans doute grâce au nucléaire comme le prône désormais Andris Piebalgs, commissaire européen à l’Energie, mais aussi grâce aux énergies renouvelables.
Les carburants alternatifs ont des atouts, mais c’est peut-être là où il ne faut pas se tromper. L’électricité ? Il faudrait doubler le parc nucléaire français pour rouler à l’électricité, estime Claude Gatignol, député de la Manche et auteur d’un rapport sur la voiture du futur. Or, on voit mal les écologistes accepter ce « deal » diabolique. Les bio carburants ? « Ils sont peu recommandables à l’heure actuelle », rejette catégoriquement Claude Mandil. La pile à combustible ? Son rendement théorique est excellent. Mais pour qu’elle soit compétitive, il faudrait diviser son coût par 50 ! Les énergies fossiles ? Peut-être, à condition de capturer et de séquestrer le gaz carbonique. Or la technologie n’est pas non plus compétitive. Un seul carburant trouve alors grâce aux yeux des experts parce qu’il remplit tous les critères d’économies, de compétitivité et de baisse réelle du CO2 : la ligno-cellulose. Plus précisément l’éthanol fabriqué à partir de la canne à sucre. Mais celui-ci est précisément frappé par des barrières douanières et sa logistique semble coûteuse !
Bref, l’énergie de l’avenir n’a pas un horizon bien établi. Et pourtant. Andris Piebalgs, déjà cité, appelle de ses voeux, une « nouvelle révolution industrielle » en la matière. Claude Mandil réclame « une vraie percée technologique dans les transports ». Certains avancent même l’idée d’une politique énergétique commune pour relancer l’Union, au même titre que la politique agricole commune l’avait dopée... Le débat doit en tout cas être pris en main par les logisticiens. C’est déjà fait, grâce aussi à la 1ère édition des rencontres Isel (Institut supérieur d’études logistiques) qui a eu lieu fin novembre 2006 au Havre sur le thème « Energie chère : quels impacts logistiques ? ». La question ne peut et ne doit plus être éludée. Au risque de ne garder que les idées reçues.
Bonne année 2007


