
- Philippe Tabarot, ministre des Transports, a ouvert la Rencontre sur le verdissement de la logistique routière le 20 février à Paris.
- ED
Un groupe de travail a été missionné le 20 février à Paris pour bâtir un plan d’électrification du transport routier avant l’été. Associant l’ensemble des acteurs de la filière, ses consultations débuteront le 4 mars. Les débats qui ont suivi cette annonce ont permis d’identifier les grandes lignes et les enjeux de cette transition vers l’électrique.
La part de marché de l’électrique dans les immatriculations 2025 s’élève à 10 % pour les utilitaires neufs et à 2 % sur le segment des nouveaux poids lourds. Des taux insuffisants au regard des objectifsfixés le 12 décembre par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et détaillés par filière dans la 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), adoptée le 13 février par décret.
Un constat partagé par les ministres de la Transition écologique, Monique Barbut, et des Transports, Philippe Tabarot, lors d’une rencontre-débat consacrée au verdissement de la logistique routière le 20 février à Paris. Pour changer de braquet, les deux ministres demandent à la filière de leur présenter un plan d’électrification du transport routier de marchandises avant l’été.
Associant l’ensemble des acteurs du secteur, cette démarche se concrétisera dès le 4 mars avec la constitution et la première réunion d’un groupe de travail chargé de cette mission. Pour guider leurs travaux, les principales orientations du futur plan ont été précisées par Monique Barbut autour de « la revalorisation des aides pour les camions et les utilitaires, le déploiement de bornes haute puissance, le renforcement de l’offre de véhicules électriques et la préférence européenne » lors de l’achat de ces véhicules.
Mobiliser tous les maillons
De l’avis des intervenants, le premier obstacle à l’électrification du transport routier est « économique » et freine la demande des transporteurs. « Des PME et TPE en particulier qui exploitent les trois-quarts du parc de poids lourds en France », précise Alexis Gibergues, président de l’OTRE. « Si l’offre et les aides existent, nous avons conscience de l’effort d’investissement considérable pour le transport routier », admet Philippe Tabarot. Aussi le ministre insiste-t-il sur la nécessité d’impliquer « tous les maillons de la chaîne » à cet effort. C’est le sens à ses yeux de l’article 18 du projet de loi-cadre sur les transportsqu’il défendra à partir du 13 avril devant le Parlement. Il impose aux donneurs d’ordres, chargeurs et commissionnaires, de réaliser une part croissante de transport routier réalisée par des camions zéro émission. Le projet fixe une trajectoire de 0,5 % dès 2026 à 30 % en 2035. Selon Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, et Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, l’une des missions du groupe de travail sera de trouver un cadre contractuel et les modalités pour mettre en œuvre cet article.
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- Table ronde « Véhicules utilitaires et poids lourds électriques : quels atouts compétitifs de l’industrie française ? »
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Cahier des charges
Pour tendre vers un coût de possession (TCO) des poids lourds électriques équivalent aux camions thermiques, le maintien et le renforcement des aides actuelles sont encouragés par tous. Elles concernent par exemple les Certificats d’économie d’énergie, pour les véhicules et les bornes de recharge, et le suramortissement.
L’évolution de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) interroge également. Pour garantir sa stabilité, Florence Berthelot préconise la création d’une « électricité professionnelle » à l’image du gazole professionnel. La construction d’un indice de référence pouvant faire l’objet d’un pied de facture est évoquée aussi. Les assurances et les établissements de prêt sont invités à participer au groupe de travail pour trouver des solutions de financement et de couverture des risques adaptées aux flottes et bornes électriques.
Pour être attractive enfin, la transition vers l’électrique devra s’accompagner d’incitations opérationnelles. Les plus citées lors des débats concernent « la baisse et la modulation des tarifs de péages » et « l’accès facilité aux villes et à leurs voiries ». Au plan européen, Anne-Marie Idrac suggère en outre une meilleure prise en compte de l’électrification des véhicules dans la directive européenne Poids et Dimensions en cours de révision. Cette attente fait écho aux améliorations attendues en termes d’offres sur la charge utile des utilitaires et les porteurs 16 tonnes.
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