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Guerre en Iran : la supply chain (encore) à l’arrêt

, par Renaud Chasle

Détroit d’Ormuz paralysé, suspension des bookings par les compagnies maritimes, vols déroutés… la supply chain est déjà impactée par le conflit militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis.

Le détroit d’Ormuz, artère du fret maritime mondial, notamment de pétrole, gaz, composants électroniques en provenance d’Asie ou engrais, se retrouve quasiment paralysé par la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Entre les frappes aériennes et le brouillage du système GPS impactant plus d’un millier de navires circulant dans la zone, ce sont actuellement près de 170 porte-conteneurs (dont une soixantaine sous pavillon français selon Armateurs de France), représentant une capacité de 450 000 EVP qui se retrouvent piégés ou retardés aux abords d’Ormuz. En outre les infrastructures portuaires, tels que Chabahar et Konarak en Iran, ainsi que des terminaux majeurs comme Djebel Ali aux Émirats arabes unis ou Duqm à Oman, ont subi des attaques de drones et de missiles. Parallèlement les plans de transport aériens sont modifiés, alors que bon nombre de vols passent au dessus du Moyen-Orient pour éviter la zone Russie-Ukraine.

Les compagnies maritimes CMA CGM et Maersk ont annoncé dimanche 1er mars qu’elles gelaient les passages et suspendaient les bookings Reefer dans le détroit d’Ormuz mais aussi les traversées par le canal de Suez. En conséquence les voies alternatives risquent d’être saturées, à l’instar de la route passant par le cap de Bonne-Espérance, déjà sollicitée par les tensions en mer Rouge. Du côté de l’aérien, Emirates SkyCargo a temporairement suspendu ses vols en raison de l’évolution des restrictions de l’espace aérien, Emirates impose également des restrictions temporaires sur la réservation de nouveaux envois, KLM ne propose pas de vols vers Dubaï, Riyad et Dammam jusqu’au 5 mars et des annulations ont été annoncées par Turkish Airlines pour plusieurs destinations au Moyen-Orient.

Ce nouveau conflit, qui engendre nécessairement des retards d’approvisionnements et risques de rupture des supply chains mondiale, vient pour l’instant contrecarrer les espoirs d’un retour à la normale du transport maritime en 2026. Il impacte également les tarifs, notamment pour le fret aérien dans un contexte de baisse de l’offre. Mais aussi les prix des carburants, avec une hausse de 13%, rapidement réduite à 7%, du baril de Brent. Les spéculations vont bon train sur les premiers impacts logistiques mais les experts ciblent déjà l’industrie automobile parmi les premières victimes, avec des risques d’arrêt de lignes de production dans les prochains jours ou semaines.

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