Afilog : « Logistique urbaine et immobilier productif ont un destin commun »

- Christophe Ripert, vice-président d’Afilog et directeur général délégué à la logistique urbaine chez Quartus
- Quartus – Vincent Bousserez
Parcs d’activités, entrepôts à étages, HLU, ELU, etc. l’immobilier s’impose à l’agenda des politiques urbaines. Christophe Ripert, vice-président d’Afilog et directeur général délégué à la logistique urbaine chez Quartus, défend une vision intégrée de la ville productive à l’occasion de la parution du livre blanc d’Afilog Immobilier productif et logistique en milieu urbain.
Le volet production urbaine n’était pas abordé dans le précédent Livre blanc de la logistique urbaine d’Afilog, paru en 2012. Pourquoi avoir inrtoduit cet enjeu ?
Christophe Ripert : Dans notre précédent ouvrage, le sujet était effectivement abordé essentiellement sous l’angle du transport de marchandises en ville. Aujourd’hui, nous intégrons pleinement les activités productives en milieu urbain, car elles sont indissociables des activités logistiques. Logistique urbaine et immobilier productif ont un destin commun et les politiques qu’elles soient de mobilité, de voiries, de stationnement, d’urbanisme, etc., se doivent de prendre en compte ces deux approches simultanément et de façon globale.
Comment définissez-vous précisément l’immobilier productif ?
C.R. : L’immobilier productif regroupe les lieux où l’on transforme des marchandises destinées à une consommation locale : ateliers d’artisans, petites unités industrielles, etc. À cela s’ajoutent les infrastructures logistiques, qui permettent de stocker, trier et redistribuer ces marchandises. Ces espaces sont essentiels pour assurer le fonctionnement des chaînes logistiques urbaines, fondées sur le principe de massification et de démassification des flux. Aujourd’hui, deux grands concepts structurent l’immobilier logistique et productif en ville : l’hôtel logistique urbain et l’immeuble d’activités urbain. Ces bâtiments, qui peuvent aussi intégrer du tertiaire, des commerces, des équipements publics ou d’autres activités, reposent sur un principe commun : la verticalité, qui permet de densifier des terrains rares et coûteux en ville.
Quels sont les principaux enseignements de votre nouveau livre blanc ?
C.R. : Le premier enseignement, c’est l’importance déterminante de la volonté politique à l’échelle locale. Les collectivités doivent s’emparer du sujet, sanctuariser du foncier, produire de la donnée et intégrer pleinement les enjeux logistiques et productifs dans leurs documents de planification. Deuxième constat : il n’existe pas de solution unique. Il y a au contraire une combinaison de réponses, adaptées au degré d’intensité urbaine et aux spécificités de chaque territoire. Autre point clé : rien ne fonctionne sans un dialogue constant entre les décideurs publics et les acteurs économiques. La collectivité n’a pas vocation à faire de la logistique à la place des professionnels, mais à fixer une règle du jeu, qui doit être issue d’un diagnostic partagé, clair, simple et surtout stable dans le temps, afin d’offrir une visibilité aux professionnels qui investissent, recrutent et adaptent leurs organisations. Enfin, cette règle doit être contrôlée. Si certains acteurs respectent des exigences élevées et que d’autres ne sont pas soumis aux mêmes contraintes, cela décrédibilise l’ensemble du dispositif.
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